wednesday, 4 March 2009, 15h14 « Il est grand temps de s'unir contre la crise »Déclaration commune (extraits)Parti du Travail de Belgique (PTB-PVDA), Parti communiste allemand (DKP) , Nouveau Parti communiste des Pays-Bas (NCPN), Parti communiste du Luxembourg (KPL)Entamer la lutte pour le changement La crise bancaire et financière a débouché sur une crise économique mondiale. Cette crise est le résultat d’un modèle de société capitaliste où, pendant longtemps, la surproduction a été occultée par la croissance gigantesque du crédit et une consommation financée par l’endettement aux Etats-Unis. Aujourd’hui la crise a éclaté et avec elle s’est effondré l’actuel modèle de croissance du capitalisme mondial, où la consommation et les profits américains servent de locomotive à l’ensemble de l’économie mondiale. On requiert à présent l’intervention de l’Etat pour mettre à l’abri la fortune des riches. Dans leurs programmes de sauvetage des banques, les gouvernements répercutent le coût de la crise financière sur la société. L’industrie réagit à la crise en réduisant sa production, en instaurant un régime de chômage temporaire et en supprimant des emplois. Du côté des travailleurs, on se pose inévitablement la question de savoir si on doit laisser le capital répercuter le coût de la crise sur la société ou s’il faut se battre pour une solution progressiste. Notre intention est de contribuer intensément à ce débat politique et sociétal en nous basant sur nos convictions. En effet, la crise financière a non seulement entraîné l’effondrement des grandes banques mais a également remis en question le concept idéologique, politique et économique du néo-libéralisme. La stratégie de Lisbonne a échoué et le Pacte de stabilité n’est plus qu’un simple bout de papier. Cette crise soulève également d’autres questions fondamentales par rapport à la structure de la société. Le temps est venu de développer davantage en Europe de visions d’avenir socialistes. Dans les débats qui se présentent à nous, nous défendons une économie au service des gens. C’est ce que font déjà nos partis tant au niveau national qu’au niveau européen. Au niveau national• Garantir non seulement les comptes d'épargne, mais aussi les emplois, les salaires, les pensions et les allocations sociales ⁃ Faire payer les riches. C’est à ceux qui se sont enrichis grâce aux excès financiers de payer, c’est-à-dire les groupes financiers, les fonds d’investissements et les super-riches qui ont voulu que leur capital augmente toujours plus, toujours plus vite et de manière toujours plus risquée. ⁃ Annuler les réductions d’impôts accordées ces dernières années sur les revenus les plus élevés ainsi que les profits et les stimuli financiers pour encourager les investissements financiers. Les profits, les hauts revenus et les grosses fortunes doivent être taxés progressivement. ⁃ Diminuer la TVA sur les biens de consommation courantes et les impôts sur les bas et moyens revenus. • Investissements publics dans une économie au service des gens ⁃ Pour une économie respectueuse de l’environnement et au service des gens, il faut investir dans la transformation du modèle de consommation et de production actuel : économie d’énergie, production d’énergie respectueuse de l’environnement, réduction des émissions de substances toxiques et consommation plus économique de l'énergie et des matières premières dans les transports publics, l’infrastructure locale, les soins de santé et l’enseignement. Les milliards qui errent dans le monde à la recherche de l’investissement le plus lucratif devraient pouvoir y contribuer. • Nationaliser le secteur financier ⁃ Pour une politique alternative, les banques et les institutions financières doivent devenir la propriété de la communauté et être sous surveillance de celle-ci, en d’autres termes le contrôle doit être exercé par les représentants sociaux, les communes, les commerçants, les syndicats, le mouvement de consommateurs et le mouvement écologique, le mouvement alter-mondialiste, le mouvement pacifiste, le mouvement tiersmondiste, les élus issus de la base qui proposent une politique économique alternative. • Mettre fin aux systèmes « d’assurance sociale » basés sur la capitalisation ⁃ Ne plus laisser les pensions être jouées en bourse. Il faut revenir à des systèmes d’assurance sociale publics, basés sur la solidarité. Il faut leur donner davantage de moyens grâce à une plus grande contribution provenant des profits et des grosses fortunes. ⁃ Augmenter les pensions de manière à ce qu’elles soient au moins supérieures au seuil de pauvreté. Au niveau européenRejeter entièrement le Traité de Lisbonne ⁃ La stratégie de Lisbonne (stratégie selon laquelle l'Union européenne veut devenir pour 2010 l'économie la plus compétitive du monde) a échoué et doit être remplacée par une stratégie qui stimule le marché européen grâce au renforcement de la demande intérieure tant publique que privée (augmentation des salaires, des pensions, des bourses d’études et des allocations de chômage). ⁃ Il faut remplacer le Pacte de stabilité (règles selon lesquelles la dette d'état ne peut dépasser 60 % du PIB et le déficit du budget 3 % du PIB) par un Pacte de solidarité ayant pour objectif le développement d’une Europe solidaire où la norme sociale la plus élevée actuellement sera appliquée à tous les pays. ⁃ L’Union
européenne doit revoir les règles qui se rapportent aux
entreprises publiques. Il faut supprimer les articles 81, 82 et 86
(règles européennes qui défendent la libre
concurrence et limitent l'intervention de l'Etat dans l'économie)
de la Convention européenne et reconnaître le droit aux
monopoles d’Etat et aides d’Etat pour les entreprises
publiques. ⁃ Il faut mettre fin aux paradis fiscaux et aligner vers le haut l’impôt progressif sur les profits, les hauts revenus et les grosses fortunes. ⁃ Il
faut soumettre la Banque Centrale européenne à un contrôle
démocratique. Elle doit appliquer une politique visant le plein-emploi,
le renforcement du secteur public de l’économie et la recherche
et développement. La politique monétaire et la politique des taux
d’intérêt doivent aspirer à un développement
durable, à un système de financement favorable à la dette
publique et à la coopération avec les pays méditerranéens
et les pays en voie de développement. Seuls les crédits destinés
à des investissements dans l’économie réelle peuvent
être accordés et non ceux destinés à faire tourner
un nouveau carrousel spéculatif. Elle doit avoir pour principale mission
de soutenir les programmes structurels régionaux à long terme,
en vue du passage à un autre mode de production, à un autre modèle
de consommation et à un autre mode de vie. Février 2009 |
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