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mardi, 21 novembre 2006, 9h17


[Portrait] A la tête de l’Organisation mondiale de la santé

« Je mange du poulet tous les jours, pas de panique », a dit Margaret Chan lorsque la grippe aviaire a touché Hong-Kong. Juste après, elle faisait abattre 1,5 million de poulets...

Gaston Van Dyck
22-11-2006

Photo archives


A partir du 1er janvier 2007, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sera dirigée par une Chinoise. C’est la première fois depuis sa création en 1948.

Les 193 Etats membres de l’OMS qui ce 9 novembre ont élu Margaret Chan, 59 ans, sont pour la plupart des pays du tiers monde. Ils ont certainement été convaincus par un des points centraux de son programme, à savoir la distribution de médicaments de base dans les pays pauvres. « Nous avons les solutions mais nous ne les apportons pas aux personnes qui en ont besoin. Ce sont des questions sur u lesquelles il convient de se pencher », a-t-elle déclaré. Pour l’hépatite B et la rougeole par exemple, il existe des vaccins depuis des décennies et pourtant ils sont pratiquement introuvables dans les pays qui en ont le plus besoin.

Margaret Chan est née à Hong- Kong, mais a étudié dans plusieurs universités à l’étranger : West-Ontario (Canada), Harvard (USA) et Singapour. En 1978, elle est allée travailler pour l’administration de la Santé à Hong-Kong. En 1994, elle est devenue directrice du service et s’est révélée dans un combat efficace et victorieux contre la grippe aviaire. Bien qu’elle ait d’abord minimalisé le danger avec des déclarations du genre « je mange du poulet tous les jours, il n’y a aucune raison de paniquer », elle très rapidement changé de cap. Malgré la vive critique de l’opposition, elle a fait abattre 1,5 million de poulets. Drastique, mais efficace, on l’a vu par la suite. Tout aussi efficace fut sa prise en mains du SARS (syndrome respiratoire aigu sévère, une pneumonie atypique), qui a fait jusqu’à 299 morts à Hong- Kong. En 2003, elle a été nommée directrice à l’OMS, à la tête du département protection de l’environnement humain.

En juin 2006, elle est devenue la représentante du directeur général en ce qui concerne la grippe pandémique. Si Margaret Chan est une Chinoise qui accorde une importance toute particulière au Tiers Monde, elle préconise néanmoins au sein de l’OMS un « programme santé mondial équilibré » où l’on tient également compte de maladies et affections telles que le cancer, le diabète, le stress et l’obésité.

Margaret Chan estime en outre que l’OMS doit jouer un plus grand rôle afin de prévenir tout risque de pandémie de grippe. Un risque dont toujours plus d’experts pensent qu’il pourrait résulter d’éventuelles mutations du virus de la grippe aviaire. Une pandémie de grippe peut faire de véritables ravages : la grippe espagnole (1918-1920) a tué de 20 à 50 millions de personnes, tandis que la grippe asiatique (1957) a fait un million de morts. « A l’heure actuelle, 12 ou 13 pays produisent entre 300 et 400 millions de vaccins. Or la population mondiale est de 6,4 milliards. C’est nettement insuffisant », dit-elle.

Elle envisage également d’encourager les pays plus riches à partager leurs connaissances avec les pays en voie de développement de sorte qu’ils puissent produire leurs propres vaccins à moindre coût.



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Voir aussi:

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