mardi, 18 janvier 2005, 17h11 Après la catastrophe, un vrai développement? Avec tous les shows télévisés en faveur de l'action «Tsunami 12-12», la magnifique vague de solidarité avec les victimes en Asie a atteint un point culminant. Après vendredi, le compteur était déjà à 38 millions d'euros. Mais pour continuer à aider le tiers monde à plus long terme, il est nécessaire d'aborder le problème de façon structurelle. Dans le sillage de la catastrophe en Asie du Sud-Est, le climat est plus favorable que jamais pour élargir la base de cette aide. Bert De Belder
Les ravages provoqués par le tsunami ne sont pas uniquement imputables à un phénomène naturel. Le Programme de développement des Nations unies (UNDP) déclare que «l'ampleur d'une catastrophe est directement liée aux choix de développement que les gouvernements, les communautés locales et les acteurs internationaux ont faits». L'Asian Development Bank (ADB), la petite sur asiatique de la Banque mondiale, prédit que 2 millions de personnes de la région vont encore s'enfoncer davantage dans la pauvreté.1 Lutter contre l'injustice Il est clair que les secours d'urgence n'apporteront aucun soulagement, ici. Le 12 janvier, le Club de Paris le groupe des pays riches qui ont consenti des prêts aux pays en voie de développement a accordé un moratoire sur la dette extérieure des pays touchés. Pour 11.11.11, la coordination du Mouvement Nord-Sud flamand, cela ne va pas assez loin. «Nous ne sommes pas en faveur d'un moratoire, mais d'une annulation complète des dettes bilatérales et multilatérales», déclare le secrétaire général Karel Teck. La dette pose en effet une hypothèque sur la reconstruction. Pour cette seule année, l'Indonésie, le pays le plus gravement touché, doit déjà rembourser 7 milliards de dollars. Auprès du gouvernement belge, ce pays a une dette bilatérale de 100 millions de dollars.2 Oxfam-Solidarité demande que l'on continue à augmenter l'aide internationale des gouvernements, et pour l'Asie du Sud-est, et pour l'ensemble du tiers-monde. Dans son aide au développement, la Belgique doit aller jusqu'au montant promis de 0,7% de son Produit national brut. Et l'aide ne peut être associée à la condition de passer à la libéralisation. L'élan de la solidarité internationale doit être utilisé pour uvrer à des mesures structurelles. Pour Stefaan Declercq, secrétaire général d'Oxfam-Solidarité, une question se pose : «Rétablissons-nous la pauvreté que ces pays connaissaient avant le passage du tsunami ou entamons-nous un véritable programme qui réduira structurellement la vulnérabilité de la population locale ?»3 C'est également le message de Guy Tordeur, secrétaire de la CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde : «Cette solidarité doit faire en sorte que les pays touchés et leur population soient soutenus de façon structurelle. Elle doit également contenir un appel en vue d'uvrer enfin à établir un commerce équitable entre le Nord et le Sud.»4 C'est une note positive que le consortium d'aide d'urgence 12-12 fasse une ouverture en direction des ONG's qui planchent sur ces thèmes et qui collaborent depuis des années avec des partenaires locaux dans les régions touchées. «Sans de puissants mouvements sociaux, les victimes du tsunami vont à nouveau se retrouver sous l'oppression», affirme l'ONG Solidarité mondiale.5 Lutter pour des mesures visant à bannir l'injustice dans les relations Nord-Sud et soutenir les organisations populaires locales : telle est également l'approche de Médecine pour le Tiers Monde (www.m3m.be et www.intal.be). C'est la voie que nous voulons continuer à emprunter au cours des semaines à venir. 1 http://www.adb.org/Documents/Others/Tsunami/impact-earthquake-tsunami.pdf · 2 www.11.be · 3 www.11.be · 4 Visie, Brussel en Rand, n° 01, 14 hanvier 2004, p.17. · 5 www.indymedia.be
Projets soutenus par Médecine pour le Tiers Monde: déjà 8.000 euros récoltésDes nouvelles des deux projets soutenus par Médecine pour le Tiers Monde suite au tsunami. · L'organisation indienne Society for Rural Education and Development (SRED) se penche surtout sur les plus démunis de l'Etat indien de Tamil Nadu: les dalits (sans-castes) et les Irula, un groupe de population indigène. Pour l'instant, six équipes sont impliquées dans les secours d'urgence dans six districts, fait savoir Fatima Burnad de la SRED. 2.939 familles, dans 43 villages, ont déjà reçu des vêtements, des draps, des denrées alimentaires, du savon, des ustensiles de cuisine, etc. «Nos collaborateurs vivent et logent avec les gens dans les centres d'évacuation», explique Fatima. «Ils font également de l'accompagnement psychologique, et c'est très nécessaire.» Maintenant que les besoins immédiats ont été soulagés, il est temps de penser à l'avenir. «Les gens veulent une maison, une source de revenus, des filets de pêche et des bateaux. Nous poursuivrons ce travail jusqu'à ce que tout le monde puisse à nouveau entamer une nouvelle existence. Mais, pour cela, nous avons besoin de votre aide.» (Extrait d'un article du Dr Wim De Ceukelaire, sur www.intal.be) · Niranjan Udumalagala, de l'University Pharmacist Association au Sri Lanka a adressé le rapport suivant par téléphone : «Avec votre aide, nous pouvons fournir des médicaments à un camp de réfugiés à proximité de la ville de Galle. Nous avons dressé une liste de 85 médicaments essentiels. Nous les achetons tous sous forme de produits génériques. Pour chaque camp, on a créé une équipe, avec la participation des autorités et des ONG's, qui se charge de l'aide : nourriture, soins médicaux, accueil des enfants, etc.» Votre aide reste la bienvenue sur le compte n° 001-1951388-18 de Médecine pour le Tiers Monde, en mentionnant «tsunami».
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Voir aussi: Un coordinateur de l'aide au Sri Lanka: «C'est la pauvreté qui a fait tant de victimes»Le tsunami en Asie: une aide efficace est utile Deux projets pour les victimes du tsunami Tsunami • Les Etats-Unis n'ont averti que leur base militaire du désastre imminent Tsunami Des sentiments de deuil et de tristesse Vagues de solidarité Le tsunami et le raz-de-marée de solidarité Le conseiller communal du PTB Frans Van Acoleyen appelle Zelzate à la solidarité avec les victimes du tsunami Communiqué du PTB: solidarité avec les victimes du Tsunami Tsunami, une tragédie évitable Autres articles |