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vendredi, 28 novembre 2008, 17h44


10° Réunion Internationale des Partis Communistes et Ouvriers

Sao Paulo, 21-23 novembre 2008


Contribution du Parti du Travail de Belgique (PTB)


Les rapports de forces changeant nous imposent de nouveaux défis


Baudouin Deckers,
membre du Bureau du Parti et Responsable des Relations Internationales


1. Un nouveau rapport de forces global

Il y a 65 ans les États-unis d’Amérique devenaient la première puissance impérialiste de la planète. Leur domination mondiale reposait sur deux piliers : une écrasante supériorité militaire allait de pair avec l’ampleur de leur poids économique. 

1.1 Un article de Der Spiegel traduit un sentiment grandissant. Il s’intitule : «Fin de l’arrogance. L’Amérique perd son rôle économique dominant». 1 Plusieurs institutions financières nord-américaines ont fait faillite. D’autres n’ont été sauvées qu’en y injectant des milliards de dollars d’argent public. La crise entraîne la plupart des pays, obligés de suivre les politiques économiques et financières de Washington. Un récession générale et profonde menace. Tout cela contribue à discréditer complètement le système de marché libre, vanté et imposé par les Etats-Unis. Aujourd’hui, leur domination économique et financière est profondément ébranlée.

La part de leur PIB dans l’économie mondiale ne cesse de reculer depuis une quarantaine d’années. La décennie passée a vu émerger de puissantes économies au Sud – la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres. La Chine socialiste résiste manifestement mieux à la crise que n’importe quel autre pays.

Ensuite, le pays se trouve virtuellement en faillite. Sa dette totale (État, entreprises et ménages) dépasse les 10.000 milliards de dollars. Grâce à son statut de superpuissance, les Etats-Unis ont pu attirer d’énormes capitaux étrangers. Si les investisseurs étrangers perdent confiance dans la suprématie tout azimuth des Etats-Unis et cessent d’y investir, voir même retirent leurs capitaux, l’économie nord-américaine s’effondre. La possibilité que le dollar ne soit plus accepté comme unique monnaie d’échange commerciale et de réserve devient tout à fait vraisemblable.


1.2 Depuis 65 ans l’objectif premier de tout président étasunien est d’étendre l’hégémonie de Washington. Dans la mesure où la superpuissance perd sa suprématie économique et financière, elle se voit obligé de faire valoir encore plus sa supériorité militaire.

En 2001, G.W. Bush a peuplé son administration de membres du think-tank ultra-conser­vateur, le «Project for a New American Century». Son objectif central était de garantir l’hégémonie mondiale pour au moins tout le XXI° siècle. Il fallait pleinement saisir l’opportunité offerte par le renversement du socialisme en Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie. Concrètement, il fallait, je cite, « empêcher à tout prix qu’un nouveau rival ne surgisse..., maintenir les mécanismes pouvant dissuader des rivaux potentiels ne fût ce que de poursuivre un rôle plus important au plan régional ou mondial ».2 En deuxième lieu il fallait empêcher que des conflits régionaux ou locaux puissent inquiéter les intérêts des USA… Ainsi, les ultra-conservateurs prônaient une stratégie militaire offensive, que G.W. Bush a fait sienne.

Persuadé de remporter une victoire relativement facile, Bush, Cheney, Rumsfeld et Wolfowitz ont envoyé leurs troupes envahir l’Afghanistan et l’Irak… Mais les peuples agressés résistent farouchement. Le monde entier constate la défaite de Washington. Alors que ces guerres ne devaient constituer que le début d’un encerclement de la Russie, l’Inde et surtout la Chine.

La politique de domination des Etats-Unis subit des échecs tout aussi indéniables en Amérique Latine. Le Parti du Travail de Belgique félicite les peuples de ce continent, leurs partis et organisations communistes, révolutionnaires et nationalistes. Vous avez jusqu’à présent pu faire échouer des plans majeurs par lesquels Washington comptait renforcer sa main-mise. Cuba socialiste tient bon, les révolutions bolivariennes, démocratiques et anti-impérialistes, s’amplifient.

1.3 Les cauchemars des stratèges nord-américains se réalisent. La Chine est devenu la deuxième puissance économique au monde. La république Populaire de Chine, dirigée par le Parti communiste, ne se laisse pas imposer les recettes impérialistes du FMI, la BM ou l’OMC. Sa coopération avec plus de quarante pays africains entrave le pillage séculaire du continent par toutes les puissances impérialistes occidentales. Tout comme l’Organisation de Coopération de Shanghai et d’autres formes de coopération, des ‘rivaux’ puissants émer­gent, que cela plaise ou non à Washington. A l’opposé des blocs impérialistes, ils ne visent aucune domination, mais le progrès des populations et leur défense.

2. «End of the American Century » (« Fin du Siècle américain »), titre un document récent du prestigieux think-tank  «American Enterprise Institute», et il n’est pas le seul à le dire. Mais cela ne signifie absolument pas que l’élite nord-améri­caine abandonne la partie, que du contraire.

Nous félicitons les communistes, syndicalistes et progressistes nord-américains qui ont réussi, lors des élections présidentielles, à rassembler la population, au-delà des préjugés racistes, dans un vote contre la politique de G.W. Bush. Mais restons lucides. Barack Obama n’aban­donne nullement l’ambition des monopoles américains de restaurer leur domination mondiale. En juillet 2007, dans « Foreign Affairs », il a publié un article « Renewing American Leadership », comment reconquérir la suprématie étasunienne ? Il le fera de façon plus intelligente que Bush, mais avec encore plus de détermination. Son programme de défense est éloquent. L’armée sera renforcée de 65.000 soldats et encore 27.000 marines. Elle jouira d’armements encore plus sophistiqués. L’armement nucléaire ne sera pas délaissé, etc. L’administration Obama manifestement se prépare à la guerre. Cela tient entièrement au caractère des grands monopoles, sans lesquels Obama ne serait pas là où il est maintenant.

3. La crise actuelle démontre l’impasse totale dans laquelle se trouve le système capitaliste, basé sur la propriété privée des moyens de production. L’objectif de bénéfices toujours plus élevés butte sur la baisse tendancielle du taux de profit. C’est la cause directe d’une surproduction, elle-même révélatrice de l’appauvrissement relatif des travailleurs.
Le socialisme scientifique nous arme pour comprendre en profondeur les mécanismes de ce système. C’est à l’aide du marxisme et du léninisme que nous devons travailler à la seule issue véritable pour tous les exploités: le socialisme. Nous devons soutenir tous les courants progressistes, démocratiques et anti-impérialistes dans nos pays et dans le monde. Mais en soi cela ne nous mènera pas encore au socialisme – quelque soient les bonnes intentions de nos amis et alliés dans le front. La seule classe «révolutionnaire jusqu’au bout», comme le disait Lénine, est la classe ouvrière. Elle est la seule à acquérir une conscience collective, sur base de son travail collectif, et à n’avoir aucun intérêt à quelque exploitation d’autrui. Pour que la classe ouvrière puisse conquérir le pouvoir et construire un autre État, son État; pour que cet État puisse prendre possession des grands moyens de production et de toute l’économie; pour que cette économie soit organisée en fonction des besoins des gens et non d’intérêts partiels…. Pour cela il faut la direction de partis communistes authentiques. Nous devons renforcer notre travail dans la classe ouvrière et dans ses organisations de masse, les syndicats avant tout.

Tout le monde s’accorde à dire que la crise actuelle n’a comme précédent que la crise de 1929. Nous savons comment l’impérialisme a cherché à s’en sortir. Même si la situation actuelle n’est évidemment pas la même – l’histoire ne se répète pas – nous devons en tirer les conclusions qui s’imposent, renforcer ensemble notre travail communiste, donner forme à notre coopération et élaborer de nouvelles structures pour notre mouvement communiste mondial.


1 "THE END OF ARROGANCE - America Loses Its Dominant Economic Role", Beat Balzli, Klaus Brinkbäumer, Frank Hornig, Hans Hoyng, Armin Mahler, Alexander Neubacher, Wolfgang Reuter, Christoph Pauly, Michael Sauga, Spiegel, 30/09/2008, http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,581502,00.html

2 “Defense Planning Guidance, 1992.



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Voir aussi:

Déclaration commune des partis communistes et ouvriers des pays de l’UE

Il est grand temps de s'unir contre la crise

Chypre :: Christofias, un communiste pour président

La signification du parti communiste comme organisation révolutionnaire

Sommet de l’UE | L’agenda flexicuritaire : Quatre partis communistes rassemblent leurs points de vue

La direction des communistes hongrois a été condamnée

Pétition : solidarité avec les communistes en Hongrie

Interview :: Ncumisa Kondlo du Parti Communiste d’Afrique du Sud (SACP)

Jorge Arias Diaz :: La Révolution socialiste d’Octobre 1917, 90 ans après

Alexandre Cherepanov :: La Révolution socialiste d’Octobre 1917, 90 ans après

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